Une plante qui met du temps à se dévoiler

1 08 2020

Le printemps est une saison qui met le botaniste en éveil. Les premières fleurs de l’année réjouissent la vue, les narines sont titillées par des fragrances singulières, les mains sont à la fête pour toucher ou caresser le végétal en pleine croissance…

Mais les plantes qui viennent à peine de sortir de terre peuvent également émoustiller le cerveau qui cherche des indices pour les identifier. Il arrive qu’un spécimen singulier germe à un emplacement où on ne l’avait jamais rencontré, et que la seule solution pour savoir de quelle espèce il s’agit… est de le laisser grandir pour découvrir de nouveaux indices.

C’est en observant l’évolution de l’appareil végétal, sa forme et son port, mais surtout l’appareil reproducteur, le type d’inflorescence, la forme et la couleur des fleurs, que l’enquête peut avancer jusqu’au dénouement. C’est ainsi que le 24 juin, une recherche de plusieurs mois a connu son épilogue, avec la reconnaissance de la germandrée scorodoine.

Le nom scientifique, Teucrium scorodonia, fait référence à Teucer, un des fondateurs de la ville de Troie qui l’aurait utilisé pour se soigner; le second terme désigne l’ail, en raison de l’odeur qui se dégage légèrement lorsqu’on frotte les feuilles. La germandrée scorodoine, également appelée baume sauvage ou sauge des bois, fait partie de la famille des lamiacées.

Il s’agit d’une plante herbacée vivace, qui en partant de son rhizome ligneux, dresse des tiges ramifiées à section carrée qui lui donnent un aspect buissonneux. Elle peut atteindre de 30 à 60 cm de hauteur. Originaire du bassin méditerranéen, elle affectionne les sols sablo caillouteux, acidophiles, et partiellement ombragées. On la rencontre souvent en lisière de forêt.

Les feuilles opposées de couleur vert grisâtre sont de forme ovale, avec une base en forme de coeur. Le limbe est gaufré avec un bord crénelé et un sommet obtus. Elles sont ridées par un réseau de nervures en creux.

Les fleurs sont regroupées en épis, en grappes terminales unilatérales, toutes penchées du même côté. Elle fleurit de juillet à septembre, du bas vers le haut. Les fleurs zygomorphes (qui présentent une symétrie des deux côtés par rapport à un plan vertical) sont blanc verdâtre et assez petites (1cm). La corolle est en forme de tube muni d’une lèvre inférieure à 5 lobes, la lèvre supérieure étant quasi nulle. Les fruits (tétrakènes) donnent des graines appréciées par les oiseaux en hiver.

Par le passé, on utilisait cette plante pour aromatiser la bière et lui donner une saveur amère. Les sommités florales étaient également employées pour confectionner des tisanes toniques et stomachiques. Suite à plusieurs cas d’hépatites aiguës, son usage a été interdit en pharmacie.

 


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